SAQQARAH (monastère de Saint-Jérémie)


SAQQARAH (monastère de Saint-Jérémie)
SAQQARAH (monastère de Saint-Jérémie)

SAQQARAH ou SAQQARA, monastère de Saint-Jérémie

Le monastère de Saint-Jérémie à Saqqara fut fondé vers 470 par l’Appa (père) Jérémie. Agrandi durant la première moitié du VIe siècle, il fut endommagé dans la seconde moitié du VIIe siècle par les Arabes, et ses sculptures martelées. À nouveau détruit vers 750, il fut reconstruit, mais définitivement abandonné vers 960. Il ne reste donc plus que les ruines d’un des couvents les plus importants d’Égypte, édifié sur ce site pharaonique prestigieux, au sud-est du complexe pyramidal du roi Djéser.

Le monastère n’était pas fortifié, mais entouré d’un simple mur qui en délimitait l’espace. L’église funéraire élevée dans la seconde moitié du Ve siècle abritait la tombe de son fondateur. Il s’agit d’une basilique à trois nefs avec retour sur la façade. À l’origine, le chœur était limité par un arc triomphal et formé d’une abside qui fut par la suite remplacée par une chambre recouverte de plaques de marbre. Les murs sont en briques rouges tandis que colonnes et chapiteaux en calcaire supportaient une toiture en bois. L’église principale présente également un plan basilical de 25 sur 18 mètres avec retour sur la façade. Le narthex communique avec la nef par une porte à trois baies séparées par deux colonnes; sur le bas-côté nord, une porte donne accès aux bâtiments conventuels; au sud, on accède à un atrium en forme de L soutenu par des colonnes encore en bon état de conservation. La zone orientale a été largement remaniée, car on distingue le tracé de deux absides construites à deux époques différentes. L’abside primitive, en arrière de la plus récente, devait être recouverte de mosaïques; elle était flanquée de deux sacristies occupées par des escaliers. À la première construction appartiennent aussi des colonnes et des chapiteaux en marbre de bonne facture, importés probablement de Constantinople. À l’extérieur et à l’intérieur, une frise en pierre sculptée et peinte en rouge et bleu sur fond jaune ornait la partie supérieure des murs. Après le saccage du VIIe siècle, l’église fut donc rapetissée et son sol surélevé au moyen de pierres remployées ou prises au temple proche de Nectanebo.

Les habitations et les locaux utilitaires forment, autour des églises, un véritable enchevêtrement de constructions en brique et pierre, souvent très grossières. La cellule type se compose d’une petite avant-cour donnant accès à une pièce voûtée, qui a fréquemment été utilisée comme oratoire. À l’est est creusée une niche parfois sculptée et couverte de peintures, comme le sont sur les murs. C’est ainsi que sont parvenus jusqu’à nous des exemples, parfois très soignés, de peintures coptes: allégories des Vertus, Christ en Majesté, Vierge allaitant l’Enfant entre Michel et Gabriel, les trois Hébreux dans la fournaise, figures de saints et surtout un très beau portrait de l’Apa Jérémie. Les parois environnant la niche sont souvent occupées par des placards; par endroits sont placées des consoles destinées à recevoir des lampes. Par un escalier extérieur, on accédait au premier étage, où était la chambre à coucher. Des fenêtres hautes, grillagées en pierre, bois ou plâtre, étaient serties de verres blancs ou colorés.

Au nord de l’église principale est situé l’«hôpital», grand hall avec colonnade axiale. Contre la façade sud du réfectoire se trouvait une chaire en pierre (musée Copte du Caire) flanquée de deux colonnes portant un ciborium. Ce monument est un souvenir des pavillons de la fête sed (le jubilé royal) de l’époque pharaonique. Tout près s’élevait une fontaine à ablutions, entourée de quatre colonnes de granite à chapiteaux en calcaire.

On a retrouvé également les emplacements de la boulangerie, de l’étable, de celliers, de pressoirs, de la cellule de l’Apa Jérémie et de la salle de repos des veilleurs de nuit.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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